Du fond de mon Bocal https://ele.journalintime.com/ fr 2020-09-18T10:05:00+02:00 https://ele.journalintime.com/Un-jour-ca-deviendra-normal Un jour, ça deviendra normal. Se réveiller dans un endroit nouveau. Un petit village inconnu, quelque part dans le sud de la France. Je connais la région, j'ai grandi pas loin d'ici, mais je n'étais jamais venu dans ce coin là. Quand j'ai ouvert les yeux, j'ai vu ma chambre, et la première sensation ressentie c'était du genre "wow j'ai de la chance d'être ici". J'ai de la chance d'être là, de m'être encore une fois réveillé ce matin, d'avoir un toit au dessus de la tête, un endroit où atterrir. Je suis riche, tellement riche. J'ai mes deux jambes, une bonne santé, j'ai de quoi manger, de quoi dormir au Se réveiller dans un endroit nouveau. Un petit village inconnu, quelque part dans le sud de la France. Je connais la région, j’ai grandi pas loin d’ici, mais je n’étais jamais venu dans ce coin là. Quand j’ai ouvert les yeux, j’ai vu ma chambre, et la première sensation ressentie c’était du genre "wow j’ai de la chance d’être ici". J’ai de la chance d’être là, de m’être encore une fois réveillé ce matin, d’avoir un toit au dessus de la tête, un endroit où atterrir. Je suis riche, tellement riche. J’ai mes deux jambes, une bonne santé, j’ai de quoi manger, de quoi dormir au chaud et en sécurité, j’ai ma meilleure amie Slack à mes côtés. J’ai ma famille, qui est-ce qu’elle est, parfois un peu éclatée mais au fond tellement soudée.

Je pourrais me morfondre, me sentir triste, désemparée, abattue. Mais je n’y arrive pas. Quelque chose à changé. Je me sens toujours aussi perdue, mais ça ne m’angoisse plus. Je ressens ça comme un renouveau. Comme un nouveau départ pour quelque chose de grand, de beau. Confiance et lâcher prise. Tout va se démêler comme il faut. Je pourrais être en colère, d’avoir tout foutu en l’air, m’en vouloir de ne pas avoir été à la hauteur. Je sens toutes ces pensées qui traînent, pas loin, prête à me sauter dessus. Et pourtant, elles ne m’atteignent plus. Elles essayent, elles s’agrippent pour percer des trous dans ma tête et s’insinuer pour me gâcher la journée. Mais bizarrement, elles ne tiennent pas. Elles glissent. J’imagine que ça veut dire ça, être lisse.

Tellement de chose à faire. Une maison à organisée, des rangements à trouver, des affaires à ranger dans les rangements qu’on aura trouvé. Des repères à refaire. Des souvenirs à recréer. Une nouvelle vie à vivre, loin du passé. Je suis descendu en camion jusqu’ici, je me suis arrêté dans une grande ville, pas loin, d’avant d’arriver. Je suis rentré sans trop savoir pourquoi dans une petite boutique de créateurs, y’avait de tout, des vêtements pour bébé, des pierres, des bijoux, du tissu, des cartes postales et des dessins fait mains. J’ai discuté avec la vendeuse, le courant est bien passé. Je lui ai demandé combien d’artiste/artisans exposaient dans sa boutique, le fonctionnement, les tarifs. Et tout en parlant, elle a glissé dans mon sac une candidature pour exposer dans chez elle. Je suis repartie avec une joie indescriptible qui me tenait le ventre. Le genre : ouais y’a rien de sûr, j’exposerai peut-être jamais ici, mais ça reste une porte qui s’ouvre.

Une fois au volant de mon camion, ça m’a fait pleurer. De joie et de tristesse en même temps. C’était bizarre à vivre, j’avais un grand sourire collé sur le visage, le cœur ouvert et plein d’élan, et pourtant j’étais triste en même temps. Tellement triste. Parce que j’ai réalisé que, tout ça, je ne l’aurai jamais vécu si tu ne m’avais pas quitté. C’est ça, qui était étrange à vivre. Le fait d’être reconnaissante, d’avoir la chance de vivre ce moment, et en même temps, la tristesse de ne plus être à tes côtés pour te raconter tout ça, pouvoir le partager avec toi.

Et je trouve ça. Tellement violent. Tellement dur. Ce silence qui nous sépare, cette distance que tu installes entre nous. On s’adapte, c’est certain. Un jour, ça deviendra normal. De ne plus avoir de nouvelles l’un de l’autre, de se remémorer ces mois passés à tout partager comme un vieux souvenir, une période intense de nos vies, qui n’est plus en lien avec le moment présent. Ça deviendra normal. Je ne sais pas quand.

"Rien n’est à toi, c’est juste l’histoire du monde,
Rien n’est à toi, chacun sa petite seconde."

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2020-09-18T10:05:00+02:00
https://ele.journalintime.com/I-don-t-wanna-be-your-girl-no-more I don't wanna be your girl no more On avale la fumée. Encore. Toujours. Comme si ça m’aidait à respirer. Et même avec ça, le brouillard n’est plus assez épais pour m’empêcher de voir. De ressentir. Je compte plus le nombre de fois où je regarde ailleurs. Où je pense à autre chose. Où je fais semblant d’être d’accord avec ça. J’esquive. Je tourne la tête. Je retourne le bocal, à l’envers, pour essayer de voir sous tous les angles. Les bons. Ceux qui m’apaisent, qui me soulagent, qui donne un sens à cette chute que je ressens au dedans. Ceux qui m’évitent de sentir les épines accrochées dans On avale la fumée. Encore. Toujours. Comme si ça m’aidait à respirer.
Et même avec ça, le brouillard n’est plus assez épais pour m’empêcher de voir. De ressentir.
Je compte plus le nombre de fois où je regarde ailleurs. Où je pense à autre chose. Où je fais semblant d’être d’accord avec ça. J’esquive. Je tourne la tête. Je retourne le bocal, à l’envers, pour essayer de voir sous tous les angles. Les bons. Ceux qui m’apaisent, qui me soulagent, qui donne un sens à cette chute que je ressens au dedans. Ceux qui m’évitent de sentir les épines accrochées dans le cœur, les bouts de verre qui me transperce à l’intérieur. Et y’a des moments, comme ce soir, où j’y arrive plus. Où je peux plus contenir cette tristesse qui m’engloutie. Qui déborde de mes yeux. Des moments où. J’ai l’impression de me noyer, la tête sous l’eau, comme un cri qui étouffe par la pression qui s’exerce dessus.

Is the best better without you.

Faire la part des choses. On était plus heureux et on avait tout pour l’être. On y arrivait plus, on s’est fait tellement mal à essayer. Est-ce qu’on a été aveugle, est-ce que nos miroirs nous faisait trop mal à voir. Est-ce qu’on s’est trompé quelque part, est-ce qu’on a été comme tout ces couples qui s’éloigne du regard. Est-ce qu’on aurait pu mieux faire, est-ce qu’on à pas tout fait à l’envers.
Me mentir en m’avouant que c’est mieux ainsi. Je voudrais y croire. J’essaye, tous les jours, j’essaye de me convaincre que c’est mieux ainsi, tant qu’on est heureux. Puis j’me demande, comment c’est possible. Comment est-ce que je fais, avec ce genre de pensées qui me traverse.

Is the best better without you.

Peut-être que le meilleur est mieux sans toi. Mais c’est pas ce que je veux. C’est pas ce que je veux. Parce que ça fait trop mal à imaginer, à croire, à vivre. Parce que c’est toi que j’ai choisi, avec toi que j’avais hâte de passer le reste de ma vie. Parce qu’un instant j’y ai cru, que j’y crois encore, alors que tout me montre que c’est perdu, oublié, repoussé, loin de nous. Somewhere in between you and me. Paumé, quelque part entre nous, je trace une ligne qui nous rejoins et en même temps j’me dis que ça sert à rien. Coincé entre l’espoir que la douleur parte et la tristesse que notre rupture me laisse.
Je m’étais promis, de plus jamais m’attacher à ce point, de m’approcher que de loin.

Is the best better without you.

Ça sert à rien de s’en vouloir, de refaire les phrases qu’il aurait fallu dire, de changer le scénario du passé pour que le futur soit différent. Mais j’y arrive pas, tu traînes dans un coin de ma tête, toute la journée et je me réveille la nuit pour réaliser que ce n’était pas un cauchemar. La réalité est écrasante. Comment fait-on pour accepter, pour accueillir. Qu’est-ce qu’il y a à cueillir la dedans. J’ai cette phrase à la con qui me répète que la vie est bien faite, la vie est parfaite. Je voudrais y croire, par moments, j’y arrive, l’espace d’un instant.
La vérité c’est que. Putain je suis triste. Je suis triste à en crever, si je regarde vraiment au fond de moi. Je suis vide, creusée par les remords et les regrets même quand je sais qu’il ne sert à rien d’en avoir, j’ai beau le savoir, ça change quedal. J’aimerai remonter le temps, tout faire différemment. J’pensais pas ressentir ça un jour, tant vouloir faire demi-tour. J’pensais pas ressentir autant de regret, tant vouloir m’améliorer. Tout me montre qu’il faut avancer alors que j’ai qu’une envie, c’est reculer. J’avance, parce que y’a que ça à faire, le regard en arrière. J’arrive pas à y croire, j’arrive pas a accepter. Que tout est fini. Qu’on à tout foutu en l’air, gâcher, briser, en de si petits morceaux qu’il n’y a plus rien à recoller. Censé construire, on à su se démolir, pour mieux grandir. Est-ce que c’est comme ça que ça se termine ? J’ai cru aux contes de fées, et au final je passe le balais, pour ramasser les miettes de mon cœur, qui traînent sur le plancher.

Is the best better without you.

Je garde tous nos souvenirs, la douceur de ton sourire, tes doigts glissant sur les cordes de ta guitare, tes yeux amoureux quand tu jouais, qu’on se regardait, que le temps était suspendu aux notes qui s’écoulait, les couchers de soleil sur les montagnes, ton regard sous les étoiles, le souvenir de cette alliance qui tournait autour de mon doigt et ce que ça me faisait de la sentir glisser, le parfum de ta peau contre moi, le bien-être de ma tête posé sur ton cœur, la mélodie de ton souffle quand on dormait dans le même lit, la tendresse de tes câlins, la façon dont on se tenait la main, la sensation d’invincibilité quand je marchais à coté de toi, et le sentiment de protection quand j’étais au creux de tes bras. Je garde tout, tous nos souvenirs, je les enlace, je les serre fort contre mon coeur, je les embrasse. Ils me tiennent chaud quand je me refroidie, ils me portent quand je m’écroule, ils me nourrissent quand je laisse mon ventre faire du bruit. Ils me rappellent que. Je ne ferais plus jamais les mêmes erreurs.

Is the best better without you?
'Cause I wanna be good for it, good for it, good for it
I wanna be good for it, good for it, good for it

I wanna be everything I promised when I swore I was honestly
Good for it, good for it, good for it
'Cause I wanna be good

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2020-09-08T23:35:00+02:00
https://ele.journalintime.com/Sortir-la-tete-de-l-eau Sortir la tête de l'eau J’avais pas vraiment compris que j’étais en train de me noyer. C’est quand on sort la tête de l’eau qu’on s’en rend compte. Le cœur qui brûle, les pensées qui tournoient a l’intérieur de mon crâne, les yeux brouillés par les larmes, j’avais pas réalisé que tout avait cramé, à l’intérieur. Je savais, au fond, j’me doutais bien que ça avait un lien. Une vieille douleur qui tire, ça pique comme une cicatrise qui ne guérit pas vraiment, ça colle dans un coin du corps. Mais on fait semblant. De pas voir d’où ça vient. De pas être au courant. Comme si J’avais pas vraiment compris que j’étais en train de me noyer. C’est quand on sort la tête de l’eau qu’on s’en rend compte. Le cœur qui brûle, les pensées qui tournoient a l’intérieur de mon crâne, les yeux brouillés par les larmes, j’avais pas réalisé que tout avait cramé, à l’intérieur. Je savais, au fond, j’me doutais bien que ça avait un lien. Une vieille douleur qui tire, ça pique comme une cicatrise qui ne guérit pas vraiment, ça colle dans un coin du corps. Mais on fait semblant. De pas voir d’où ça vient. De pas être au courant. Comme si y’avait pas de problème, que la source des souffrances c’est pas ça. Parce qu’on se dit qu’on l’a déjà guérit, que c’est bon, on a fait le travail. Mais quedal. En faite, on n’a rien fait à part remettre des pansements par dessus, des pansements bien propre pour se faire croire que tout est finit. Parce que ça fait tellement mal à voir, je suppose que c’est une façon de plus de se protéger. On s’en tient loin, bien loin, on évite les situations qui risque de nous mettre en contact avec cette blessure.
Et on continu de vivre avec ça, ce truc pas fini, pas terminé, pas cicatrisé, qui traîne, encore, qui tiraille de temps en temps quand on appuis dessus, mais tant pis, au final on fait avec, on apprend à vivre avec la douleur jusqu’au jour où on oublie que ça fait mal, parce que c’est devenu normal.

Mais la vie est bien faite. Elle nous ramène, sans cesse, des situations, des personnes, pour nous faire comprendre, gentiment, que ben non, regarde, c’est pas vraiment guérit puisque ça fait toujours mal.
Et on se dit qu’on y est pour rien. Que le problème est à l’extérieur, que ça a rien à voir avec nous, que c’est pas croyable quand même de revivre toujours la même situation alors qu’on ne fait rien pour. Que c’est pas juste, qu’on en a marre de ressentir la même émotion, malgré les années qui filent et les personnages qui défilent.
Et j’ai réalisé que. J’ai jamais vraiment pleuré, depuis des années. Qu’à chaque fois que l’émotion remonte le long du corps, je la bloque, je la maîtrise, je la laisse pas sortir. Pourquoi faire t’d’façon, ça change rien de pleurer, c’est pas des larmes qui vont arranger les choses. Puis on se dit que c’est pas le bon moment, qu’on verra ça plus tard. C’est jamais le bon moment pour tout lâcher, une larme de plus où une de moins, à ravaler, qu’est ce que ça change, qu’est-ce que ça fait. Au fond. Rien. Tant pis. Genre " vas y laisse un avis de passage ". T’sais quoi, on verra ça demain.

Jusqu’au jour où, en fin de compte, ça ne peut plus attendre, où ça tape tellement fort contre la porte du cœur, pour être entendu, qu’on ne peut plus faire comme si y’avait personne. On peut plus faire semblant. Même si, dans le fond, on en crève d’envie, on préférerait mille fois jouer le jeu de celui qui ne sait pas, parce que putain, c’est tellement plus facile. A croire que plus on se rend aveugle, plus la lumière fait mal aux yeux.
Comme une gamine avec un bandeau sur les yeux, qui casse tout autour d’elle, qui gueule et qui hurle parce que quelque part, ça fait mal, ça tire. Sans savoir d’où ça vient. Et le seul moyen d’expression c’est de crier, parce que, putain, ça fait mal quand on appuie dessus. Alors, on fout bordel, pour faire du bruit, pour attirer notre attention ailleurs que sur cette blessure qui ne demande qu’à être guérit. Et ça marche. Ça peut marcher longtemps en faite. Si on décide d’être ailleurs, de regarder loin à l’extérieur au lieu de regarder dedans, au fond du fond, sous les couches de pansements et de gaz, sous la couche épaisse de brouillard qu’on s’envoie dans le crâne à coup de pétards. C’est pas mal le brouillard. C’est tellement pratique. On en cache des choses là dedans.

Puis, y’a des phrases qui percutent, qui déverrouille d’un coup tous les cadenas que t’avais eu un mal fou à poser. Des cadenas à code, que personne ne pouvait ouvrir, même plus toi-même, parce que t’avais oublié le maux de passe, enfouis tellement profond dans ta mémoire. T’as rien demander et la vérité te saute comme ça à la gueule. Et putain on en fait quoi de ça, hein, qu’est-ce que tu veux que j’en fasse. La rage qui monte, la haine qui fait bouillir le sang, les dents serrées, les poings prêt à cogner, parce qu’on se sent vide, et nu, et que cette vérité vient juste appuyer pile poil là où ça fait mal. Que putain, avec le mal qu’on s’est donné pour se cacher le truc, on devrait au moins avoir le respect de laisser les cadenas des autres en place.

Mais apparemment ça marche pas comme ça, pas à tous les coups, pas tout le temps. Parce que les gens qui t’aime, eux, ils voient le verrou, et que justement, parce qu’ils t’aime, ils veulent te voir libre. Ils veulent t’aider. Y’a des fois je sais plus comment le prendre, si il faut dire merci, si il faut donner des coups de pieds pour qu’ils se tiennent loin de tout ça, si ça les concerne où si ça les regarde pas.

Et ça fait mal, en faite, de voir ce qu’on ne voulait pas s’avouer. Se rendre compte qu’on s’est menti, si fort, si bien, si longtemps, qu’on y a cru, à tous les conneries qu’on s’est raconté. Qu’on y a cru mais que les autres l’ont vu, alors qu’on faisait tout pour pas que ça se voit. On s’est bien pris pour un con hein. On a cru qu’on avait nettoyé les plaies, qu’on avait passer un joli fil doré pour recoudre le problème, qu’on avait cicatrisé. Que oui ça tire encore un peu parfois parce que c’était profond, alors c’est normal. Parce qu’on a mit tellement de pansements par dessus, on peut même plus voir si ça transpire ou pas, on sait même plus que ça existe.

Alors, quand le cadenas saute, qu’on commence à apercevoir le pansements dégueulasse qu’on traîne depuis on sait même plus quand, qu’on commence à gentiment l’arracher sur les bords, pas trop vite, pas trop fort. On regrette. On regrette de pas avoir voulu voir avant. Parce que, putain, ça n’a fait qu’empirer les choses en faite. Ça à finit par contaminer la peau saine, ça transporte les bactéries puantes autour, ça affecte tout le reste, comme une épidémie silencieuse qui envahit le corps. Ça sclérose le vivant, jusqu’à plus pouvoir bouger.
Et maintenant qu’on a posé assez de conscience sur la blessure, qu’on a réalisé l’étendue des dégâts. Ben, faut arriver à l’accepter. J’en suis là. A constater le bordel monstre qu’il y à au fond. ou du moins ce que je peux apercevoir de là où je suis aujourd’hui. L’impression d’arriver dans le jardin de mon cœur, et tout est en friche, à moitié cramé par l’incendie que j’ai jamais prit le temps d’éteindre. Parce que j’avais pas compris que quelque chose avait prit feu. Genre "ouais y’a de la fumée partout mais je vois pas où tu veux en venir". Y dit qu’y voit pas le rapport.

Et ça choque, en plus de faire mal. J’me sens tellement bête. J’ai plus de mots qui me vienne, putain, là c’est sûr, j’ai vraiment plus rien à dire, tellement. Tellement j’me sens bête de pas avoir vu ça avant.
Mettre du désinfectant, mettre des baumes cicatrisant, et surveiller, surveiller la plaie, la laisser à l’air libre. Plus le droit au pansement.

A croire qu’on panse pour cesser de penser. Ou qu’on pense pour cesser de panser. Alors, comment on fait hein. Comment on s’en sort de ces conneries qui nous gâche l’existence. L’impression que c’est incessant. Que ça restera toujours là. Qu’on y arrivera jamais. Est-ce que ça va être comme ça toute ma vie ? Est-ce que ça restera toujours collé là, à tiré, à suinter, alors qu’on fait tout ce qu’on peut pour crever les abcès, vider la plaie. J’en sais rien, j’ai pas la réponse, et j’crois que si on me répondait oui j’aurais envie de tout foutre en l’air. Y’a que l’espoir que ça finisse par partir qui fait que ça tient.

Et j’aimerai tant que ce soit facile, qu’il suffise de prendre conscience pour que cela cesse, mais non ça suffit pas. Les prises de conscience, ça suffit jamais. Genre "ouais bravo t’as passé le premier niveau" mais en vrai, tu sais pas combien y’en a d’autre à passer pour changer de monde. Le boss de fin, tu le vois pas arriver, et t’as même l’impression qu’en faite, la partie ne finira jamais. Et c’est épuisant. C’est déprimant. Cette sensation d’avancer dans des sables mouvant, de se débattre comme un forcené pour sortir de là, et de voir qu’on en est probablement au même endroit. D’avoir l’impression d’avoir fais des bornes et de pas avoir bougé d’un iota. De se regarder dans la glace et d’avoir toujours le même reflet en face. Le souvenir de toutes les fois où on s’est promis d’avancer, de pas rester là, à trébucher sur les mêmes conneries, où on s’est promis qu’on valait mieux que ça, qu’on nous y reprendra pas. Et bam, t’as beau avoir cru bien faire, t’es de nouveau par terre.

J’sais plus quoi faire, j’sais plus quoi penser, j’sais plus quoi dire. Y’a qu’un vide, un vide sans fond qui me bouffe le sourire, qui me coupe l’envie de vivre. J’ai plus envie de jouer, j’vois pas les progrès, ça rime à quoi de continuer. Et j’me demande comment j’en suis arrivé là. Comment j’ai fais pour être marqué comme ça. Et est-ce que ça sert seulement à quelque chose de vouloir comprendre d’où ça part.
Trop de mensonges entendu, une méfiance viscérale, comment accorder ta confiance quand t’as plus l’oreille musicale. Toutes ces conneries ont fini par casser mon diapason, des paroles, des paroles, tekass j’connais la chanson. J’ai enfilé une armure et j’arrive plus à l’enlever, elle a grandit avec moi, tout comme les regrets du passé. Elle ne me sert même pas à éviter la douleur, les blessures les plus terribles sont toujours à l’intérieur.

Accepte. Accepte que t’as joué avec des menteurs, des tricheurs. Accepte que ouais, t’as fais confiance aux mauvaises personnes. Que tu t’es trompé. Que les gens à qui tu as choisi de faire confiance, de tout donner, ont préféré tout prendre que de partager. Que t’as tellement entendu de mensonge que t’as l’impression d’en entendre encore, même si on te dit la vérité. Que t’es traumatisé, au lieu de faire genre que non pas du tout, tu vas très bien, t’as tout encaisser, c’est déjà loin. Accepte que t’as eu tellement mal que t’as décidé de plus rien offrir, ou si peu, comme ça au moins, t’étais tranquille. Et qu’au final ça n’a servit à rien, parce qu’en se protégeant du malheur on se protège aussi du bonheur. Que y’a pas de solution miracle, que ça prend du temps, de l’espace, que pour guérir faut déjà accepter qu’on est blessé au lieu de faire semblant qu’on a tout digéré.
Et.
Accepte que la situation ait changé.
Que la personne qui partage ta vie aujourd’hui n’a rien à voir avec celles du passé.
Que de toute façon, y’aura jamais de garantie, y’a rien qui prouve quedal.
Alors, que ça serait dommage de quitter la partie sans l’avoir jouer à fond de cale.

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2020-01-09T11:44:00+01:00
https://ele.journalintime.com/AntiBrouillard AntiBrouillard Je roule souvent sans phare dans la brume de mon esprit. Pas besoin d’anti-brouillard quand y’a dégun qui te suis. Perdue dans ma tête, le regard dans le vague. A la pêche aux pensées dans l’océan du mental. Parait que j’réfléchis trop, que j’me bouffe le cerveau Mais t’sais ce qu’on dit ; chasse le naturel, il revient au galop. Je roule souvent sans phare dans la brume de mon esprit.
Pas besoin d’anti-brouillard quand y’a dégun qui te suis.
Perdue dans ma tête, le regard dans le vague.
A la pêche aux pensées dans l’océan du mental.
Parait que j’réfléchis trop, que j’me bouffe le cerveau
Mais t’sais ce qu’on dit ; chasse le naturel, il revient au galop.

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2019-12-27T17:54:00+01:00